Wang Bing, Man with no name, 2009  En collaboration avec l'Institut audiovisuel de Monaco

13.01.2015 • 19H30 / Projection - Théâtre des Variétés
Wang Bing
L’homme sans nom, 2009

97 min.

Le NMNM et les Archives Audiovisuelles de Monaco ont choisi de collaborer en programmant les créations d’artistes dont la pratique se situe à mi-chemin entre le cinéma et l’art contemporain : films singuliers par leurs formes, leur système de narration, mais aussi par leur mode de production et de diffusion.Pour cette saison 2014/2015, la programmation Tout l’art du cinéma des Archives audiovisuelles de Monaco avec la participation de l’Eclat présentera le film du réalisateur chinois Wang Bing, L’homme sans nom.

L’Homme sans nom
Wu Ming Zhe
France, Chine – 2009
Couleur – 97 min
Réalisation : Wang Bing
Image : Wang Bing, Lu Songye
Son / Fu Kang. Montage : Adam Kerby
Production : Wang Bing, Kong Lihong, Louise Prince
Distribution : Galerie Chantal Crousel, Paris.

L’histoire se passe dans les ruines d’un village, abandonné et entouré par un vieux mur, où vit une seule personne, un homme de 40 ans. Il n’a pas de nom. Le jour, il travaille comme un animal dans les ruines ; le soir, il dort comme un primitif dans une grotte. En hiver, il sort de sa grotte de bonne heure et va très loin, dans des champs désertés, pour trouver des crottes de moutons et de vaches qu’il ramène pour fertiliser son jardin. Au printemps, les ruines du village sont couvertes d’herbe, il cultive son jardin et y sème des graines. En été, il ramasse de petites pierres dans les herbes pour se construire une maison. En automne, il fait sa récolte.


Né en 1967, Wang Bing fait une entrée remarquée dans le paysage du cinéma international avec À l’ouest des rails (2003), un magistral documentaire fleuve (plus de neuf heures), tourné avec une mini caméra DV, un film crépusculaire, qui accompagne la fermeture programmée du complexe industriel de la ville de Shenyang. C’est dans cette ville que Wang Bing, avant de rejoindre l’Académie du film de Pékin, a poursuivi des études en photographie à l’Institut des Arts plastiques au cours desquelles il a beaucoup photographié les ouvriers de ces usines. La force de ce premier film et le succès qu’il rencontre propulsent le réalisateur au premier rang des documentaristes les plus reconnus. Son esthétique repose sur une longue immersion au cœur des mondes qu’il filme. Son regard, sa présence intense confine à sa disparition jusqu’à donner au spectateur le sentiment d’être confronté sans intermédiaire à la réalité filmée. Cette plongée sans réserve dans la réalité d’un monde restitue ainsi au spectateur l’exercice de sa liberté. Témoignages irremplaçables sur les laissés pour compte des mutations de la Chine contemporaine et pour cela en délicatesse avec le pouvoir en place, chacun de ses films met en lumière des mondes insoupçonnés. Le dernier en date, Til madness do us part (2013), nous confronte à la vie dans un hôpital psychiatrique de la province de Yunnan, où se côtoient, dans un chaos qui a trouvé ses propres règles de vie, de véritables malades mentaux et des personnes internées pour de toutes autres raisons.Jacques Kermabon

Autres films : Fengming, chronique d’une femme chinoise (2007), Crude Oil (2008), L’Argent du charbon (2008), L’Homme sans nom (2009), Le Fossé (2010), Les Trois Sœurs du Yunnan (2012).

Tarifs : 6 €
Etudiants et moins de 21 ans : 3 €

Bus : Place d’Armes
Gare SNCF : Sortie Fontvieille