Promenades d’amateurs Regard(s) sur une collection particulière

24.10.2013 - 05.01.2014 / Villa Paloma

Promenades d’amateurs est une rencontre entre un collectionneur et un artiste. Une rencontre que traversent des oeuvres : des affiches publicitaires à la typographie de livres anciens ou modernes, des textes de Guillevic jusqu’aux tableaux d’empreintes de pinceaux de Toroni. Un regard personnel – celui de l’artiste Loïc Le Groumellec – sur une collection particulière présentant ses oeuvres et celles de Chris Burden, Mark Francis, Gérard Gasiorowski, Peter Joseph, Jonathan Lasker, Robert Mangold, Joyce Pensato, Yves Peyré, Raymond Savignac, Niele Toroni, Bernard Villemot et Lawrence Weiner.

L’une des caractéristiques commune aux artistes choisis par nos « amateurs » au sein de cette collection particulière à plus d’un titre, est d’avoir travaillé avec une économie de moyens et de thèmes, qu’elle soit minimale ou conceptuelle. C’est le cas pour celui qui est au cœur de l’exposition, Loïc Le Groumellec. Depuis 1980, seuls deux éléments, des mégalithes et des maisons parfois surmontés de croix constituent son vocabulaire. Éléments sans cesse retravaillés, dont émane une même sensation d’étrangeté et d’immuable. Il a choisi les vers de Guillevic pour rythmer l’exposition.

Déjà en 1966, Niele Toroni, dans un geste radical, décide de ne peindre qu’une seule et même empreinte de pinceau, répétée à l’infini. Il n’en variera jamais, s’accordant seulement le choix de la couleur. Dans les mêmes années, Robert Mangold, représentant de l’abstraction dite minimale, commence un travail à partir de formes géométriques simples. Lui aussi n’en variera pas.

Presqu’en même temps, Lawrence Weiner déçu de la réception de l’une de ses œuvres par des étudiants qui la détruiront, en conclut qu’une œuvre ne doit pas nécessairement être réalisée, et, publie un recueil d’œuvres potentielles. On passe du minimal au conceptuel. Le langage devient matériau, l’œuvre se suffit de sa définition.

Autre vision des possibles encore, Chris Burden. Il va dans les années soixante-dix opter pour la création d’objets (comme la B-Car, un véhicule léger), d’installations sous forme de voyages où la technologie se mêle à la réflexion politique. Ainsi une nouvelle génération va se positionner au-delà des seules questions picturales. Mark Francis prend comme base l’imagerie scientifique, Peter Joseph, le plus jeune d’entre eux se nourrit d’utopies sociales.

A l’écart, Joyce Pensato interroge toujours les icônes de la culture populaire américaine, quand Jonathan Lasker trouve le chemin d’une langue picturale innovante et parfaitement singulière.

Extrait du texte rédigé par Jim Palette pour l’exposition

Dans la videoroom, Si un jour tu vois qu’une pierre te sourit…, une création sonore et visuelle de Pauline de Coulhac met en correspondance le travail de Loïc Le Groumellec et l’oeuvre du poète Guillevic, comme une approche complémentaire autour d’un territoire commun, à savoir Carnac et ses environs.

Ciel vague 25, une édition avec un texte d’Yves Peyré et des illustrations de Loïc Le Groumellec a été publié à l’occasion de l’exposition par Pagine d’Arte, Suisse.

Dans La Table des Matières au rez-de-chaussée de la Villa Paloma, deux photographies de Brancusi de 1922 récemment acquises par le NMNM sont présentées. Ces photographies représentant la danseuse roumaine Lizica Codreanu témoignent des savantes mises en scènes que Brancusi organisait dans son atelier, et de sa volonté de saisir un mouvement à travers le prisme photographique.

Commissaires : Marie-Claude Beaud et Loïc Le Groumellec