Ettore Spalletti, Ombre d’azur, transparence

18.04.2019 - 03.11.2019 / Villa Paloma

Photo : Werner J. Hannappel

Le Nouveau Musée National de Monaco présente un nouveau projet d’Ettore Spalletti (Cappelle sul Tavo, Pescara, 1940- Spoltore, Pescara, 2019) dont le commissariat est assuré par Cristiano Raimondi – réalisé spécialement pour les espaces de la Villa Paloma – à travers un parcours constitué de trente œuvres réparties en sept environnements dans les trois étages de la villa.Les espaces pensés et produits par l’artiste mettent en scène, de manière non chronologique, tous les aspects de son travail par la présentation de nouvelles productions importantes mais aussi d’œuvres historiques provenant de son atelier ou d’importantes collections privées.


Dès le début des années soixante-dix, Spalletti oriente sa recherche vers un dialogue entre classique et contemporain, et commence à travailler la peinture et la sculpture par une étude construite de la couleur et de son interaction avec l’espace. Par l’élaboration d’environnements, composés principalement d’œuvres tridimensionnelles monochromes, les roses et les bleus des paysages des Abruzzes – la région qui surplombe la mer Adriatique où l’artiste a toujours vécu et travaillé – sont sublimés et rendus intemporels grâce au matériau avec lequel il réalise ses œuvres.

La pratique de Spalletti est souvent qualifiée de méditative car elle résulte d’une technique originale, lente et extrêmement méthodique. Pendant des semaines, des dizaines de couches d’empâtements colorés sont appliquées par l’artiste sur des surfaces en bois ; chaque passage une fois sec est poncé pour faire apparaître les pigments dans toute leur couleur et leur luminosité. Le résultat de ce processus de finition soigné crée une sorte de « peau » qui protège l’œuvre et en même temps la rattache au spectateur, en propageant des ombres de couleur et de lumière.

L’atelier de l’artiste est le point de départ à partir duquel se construit le parcours de l’exposition. Comme un chef d’orchestre, il réorganise l’espace où il conçoit son intervention à travers des parcours de couleurs et de volumes qui deviennent des projections de sa dimension spirituelle et du paysage qui l’entoure depuis sa naissance, afin de nous plonger dans une atmosphère de spiritualité universelle et de rigueur.

Le Nouveau Musée National de Monaco présente ce nouveau projet dans le cadre d’un programme d’expositions dédié à des artistes qui, comme Thomas Schütte, Richard Artschwager, Erik Boulatov, Mike Nelson, Alfredo Volpi, ont développé une recherche autonome, indépendamment des mouvements ou courants artistiques, entièrement tournée vers la fusion des arts et l’expérience concrète de l’espace.


Ettore Spalletti vit et travaille à Cappelle sul Tavo (Pescara). Ces quarante dernières années, ses œuvres ont été présentées à la Documenta de Kassel (1982, 1992), à la Biennale de Venise (1982, 1993, 1995, 1997) et lors d’expositions personnelles à Essen (Museum Folkwang, 1982), Gand (Museum Van Hedendaagse Kunst, 1983), Rennes (Halles d’art contemporain, 1988), Francfort (Portikus, 1989), Munich (Kunstverein, 1989), Amsterdam (De Appel, 1989), Paris (Musée d’art moderne de la Ville de Paris, 1991), New York (Guggenheim Museum, 1993), Anvers (Museum van Hedendaagse Kunst, 1995), Strasbourg (Musée d’art moderne et contemporain, 1998), Naples (Museo di Capodimonte, 1999), Madrid (Fundación La Caixa, 2000), Leeds (Henry Moore Foundation, 2005), Rome (Accademia di Francia, Villa Medici, 2006 ; Galleria Nazionale d’Arte Moderna, 2010), Clèves (Museum Kurhaus Kleve, 2009), Venise (Palazzo Cini, 2015). En 2014, la rétrospective la plus complète de l’artiste, intitulée Un giorno così bianco, così bianco (Un jour si blanc, si blanc), a été organisée dans un circuit muséal formé par le MAXXI de Rome, la GAM de Turin et le Museo Madre de Naples. Il a réalisé deux installations permanentes d’une rare intensité émotionnelle, la Salle des départs, pour l’Hôpital Poincaré de Garches – Paris, et en 2016, la Chapelle de Villa Serena à Città Sant’Angelo – Pescara.


Le catalogue, publié par Mousse, regroupe une conversation inédite de l’artiste avec Hans Ulrich Obrist, des textes critiques de Cristiano Raimondi et de Valerie De Costa, et les essais réédités notamment de Tommaso Trini, Daniel Soutif, Daniela Lancioni, Bruno Corà.

À l’occasion de l’exposition a été réalisé, avec la contribution du NMNM Nouveau Musée National de Monaco, un documentaire (1h30, 4K, sous-titres français et anglais) consacré à Ettore Spalletti, écrit et réalisé par Alessandra Galletta, produit par la société de production indépendante milanaise LAGALLA23 Productions, qui sera présenté en avant-première internationale. Le film nous fait découvrir la réalité quotidienne de l’artiste – méthodique et contemplative –, dans ses lieux de prédilection – Pescara, sa maison à Spoltore, son atelier à Cappelle sul Tavo, les abbayes, les montagnes, la mer et le ciel des Abruzzes – et son image publique à travers les nombreuses expositions personnelles dans les plus grandes galeries et musées internationaux. Un entretien long et minutieux, recueilli par Alessandra Galletta entre 2016 et 2018, scande la narration en images et en paroles diverses qui enrichissent ce portrait au niveau humain et artistique, parmi lesquelles l’historien de l’art Germano Celant, le père jésuite Andrea Dall’Asta, le directeur de la Marian Goodman Gallery, Andrew Leslie Heyward, et les galeristes Lia Rumma et Benedetta Spalletti, sa nièce. Après l’avant-première à Monaco, le documentaire sera présenté dans des festivals européens pour rejoindre ensuite le circuit de distribution télévisée dans différents pays.


Commissaire de l’exposition : Cristiano Raimondi



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